Ville de Portland, en Oregon (Etats-Unis) : the blue-green city (ville-écosystème)

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" La réflexion débute sur un concept simple : que chacun puisse avoir l'ensemble des services accessibles à moins de dix à quinze minutes à pied, où qu'il habite. Pour cela, les transports doux sont facilités mais aussi la réinstallation des commerces près des habitats et la mixité sociale. Les reconstructions favorisent les immeubles en bois et verre, à haute performance énergétique. 30% sont réservés à l'habitat social. Les anciens ateliers, quant à eux, sont progressivement rénovés en lofts, en commerce, en bureaux et en nouveaux ateliers pour les petites entreprises.
La ville est très sensible aux inondations. Dans les mêmes années 1990, Portland innove dans la gestion des eaux de pluie. Au lieu d'agrandir le système d'égouts, elle développe les toits végétalisés, l'implantation de jardins de pluie et les chaussées perméables. La municipalité met en scène les circuits de l'eau ainsi constitués et reverdit les rues et les places. [...]
Pour le bâti existant, elle fait participer les habitants. Elle incite au développement de nouvelles pratiques, comme débrancher les gouttières des collecteurs pour que l'eau de pluie réinfiltre la nappe ou serve à irriguer les jardins. [...]
Elle encourage parallèlement la relocalisation de la production alimentaire. Aujourd'hui, 20 marchés de production fermière locale ont lieux chaque semaine, 40 jardins communautaires pratiquent l'agriculture urbaine et un très grand nombre de restaurants proposent des produits locaux. [...]
Ces seules trois dernières années, 32000 emplois "verts" se sont créés. La participation et la responsabilité citoyenne également se modifient. [...]
Grâce à cette politique, Portland combine ce qui paraît inconciliable. Devenue la ville la plus dense des Etats-Unis, elle est aussi celle où les habitants ont le plus d'espaces verts et de produits alimentaires locaux. Depuis 1970, la population a augmenté de 60% mais ses émissions de gaz à effet de serre ont baissé de 19%. Elle est autonome pour la moitié de sa consommation énergétique grâce à la diminution des besoins induite par sa politique et à la production d'énergies renouvelables. Un quart des habitants se déplace à pied, à vélo, en voiutre partagée ou en transports en commun, le taux le plus élevé des Etats-Unis. "

Extrait de "L'économie symbiotique - Régénérer la planète, l'économie et la société " - Isabelle DELANNOY
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